Un budget calamiteux !!!

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

 

UN BUDGET CALAMITEUX : L’EMPRUNT EXPLOSE, LES SEYNOIS VONT METTRE LA MAIN AU PORTE MONNAIE

 

Intervention du groupe de l’opposition municipale, portée par Marcel Barbero en l’absence du DocteurPAECHT.

 

12 jours nous séparent du débat d’orientations budgétaires, où notre groupe avait commenté, avec autant de précision que possible, les quelques maigres informations que vous aviez daigné nous donner en pâture.

 

Nous savions qu’à cette époque le budget primitif était déjà bouclé, et donc que les tendances fournies étaient très proches de la réalité du document que vous nous soumettez aujourd’hui.

 

Nous nous trompions.

 

Nous pensions, encore innocents, que la situation était alarmante. Erreur grave : elle est catastrophique. Et cette fois vous ne pourrez pas reporter les fautes sur la gestion de l’équipe précédente. Vous êtes aux commandes de cette ville depuis deux ans, et c’est votre second budget de plein exercice. Vous devez en assumer les choix.

Et ces choix sont contestables.

 

Le Débat d’orientation budgétaire nous avait alerté en premier lieu sur vos possibles errances idéologiques. Celles ci se confirment. Vous gonflez le torse en clamant à qui veut bien l’entendre que vous diminuez les dépenses dites « charges à caractère général » (011). Et vous avez raison. En comparaison de l’exercice précédent, vous économisez ainsi un peu plus de 900 000 euros, soit une baisse de 4,7%. Mais à y regarder de plus près, cette baisse n’est due en grande partie qu’à la suppression du marché d’entretien des bâtiments communaux, et un marché d’entretien des espaces verts. Mais face à ces non dépenses, vous avez embauché, par exemple les sept agents d’entretien qui étaient sous contrat avec l’entreprise privée remerciée.

 

Or, vos charges de personnel (012) continuent, elles, d’augmenter dans des proportions bien supérieures, puisque en deux ans vous avez augmenté cette dépense de 1,8 million d’euros, soit + 3,8%.

 

L’économie faite d’un côté est largement compensée par un dérapage de l’autre. Sans compter que ces 7 agents, il va falloir les équiper, les habiller, faire face à leur absentéisme, gérer leur carrière. Tout cela a un coût. De plus, sur ce type de métier difficile et pénible, chacun sait qu’on ne reste pas agent d’entretien toute sa carrière pour de simples raisons physiques et physiologiques, et c’est normal… Vous devrez donc faire face à d’autres embauches en temps voulu, et c’est une roue sans fin.

Le recours à l’entreprise (même si le service n’est pas parfait, reconnaissons le ensemble) évite au moins cela.

 

Toujours sur les charges à caractère général, je rappelle que l’an dernier vous étiez aussi partis sur une prévision optimiste : vous avez été contraint, en cours d’année, de remettre au pot 290 000 euros en Décision Modificative, et je pense sincèrement que vous y serez aussi contraint cette année.

 

Le poste « Fournitures administratives » par exemple ressort à 40 000 euros pour 2010. Il était de 81 000 euros en 2009. A moins que chaque agent paie sur ses propres deniers ses propres fournitures, je ne vois pas comment vous vous en sortirez.

 

Le poste « Affranchissements » a lui aussi été scalpé : de 220 000 euros en 2009 il passerait à 165 000 euros en 2010. Presque 20 % de baisse paraît illusoire.

 

J’ai déjà parlé des charges de personnel et ne m’y étendrait pas. Elles continuent d’augmenter à un rythme de + 900 000 euros par an.

Nous vous avons rappelé lors de la dernière séance combien la situation nous inquiétait. Vous continuez de recruter en externe au lieu de redéployer le personnel, au lieu d’anticiper en formant vos agents aux métiers de demain. A moins que vous ne puissiez redéployer le personnel car celui ci n’est plus consentant pour cela. Notre sentiment est que l’ambiance est de plus en plus tendue entre vous et l’Administration. Bien sûr vous avez lâché du lest sur les primes, le régime indemnitaire, la Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI), mais l’on n’achète pas le personnel : il se rallie à la cause des élus quand il y a un projet : or, vous n’en avez aucun.

 

Passons maintenant aux « Autres charges de gestion courante » (065).

Celles ci continuent d’augmenter, passant en 2008 de 13,4 millions d’euros à aujourd’hui 15,43 millions d’euros, soit plus 2 millions en deux ans , soit + 15% !!!

Vous me rétorquerez que le Conseil Général ne nous aide plus (ou dans de moindres proportions) et abondez ainsi le CCAS à hauteur de 1,8 millions cette année. Cette subvention était en 2008 de 850 000 euros, soit un bond de 940 000 euros en deux ans, soit + 110 %.

Avez vous cherché à rationaliser les dépenses du CCAS, cherché de nouvelles recettes ? Assurément, non.

 

Les subventions aux associations continuent elles aussi de grimper : + 422 000 euros en deux ans, soit plus 14,2%.

Au passage cela n’a pas empêché Sphinx, la JSS et Gaspar de couler corps et biens sans que la ville ne débourse un centime de plus. Ce n’est pas le cas d’autres associations, dont vous vous sentez peut être plus proche, et pour qui l’on n’hésite pas à augmenter leurs subsides. Parfois même, on leur donne un centre de loisirs en gestion, au mépris de toute mise en concurrence.

 

Du côté des recettes de fonctionnement, maintenant. Que dire de votre politique fiscale ? On savait la gauche usant de l’impôt comme outil d’équilibre du budget. Vous allez plus loin cette année en supprimant l’abattement pour charges de familles. Cet abattement ramènera environ 5 millions d’euros dans les caisses.

 

 

L’augmentation du Taux de la Teom rapportera 700 000 euros de plus.

 

 

Comme nous l’avions déjà évoqué au DOB, vos dotations et participations continuent de baisser. Les produits des services et du domaine également (moins 580 000 euros sur deux ans, soit moins 16%).

 

 

Vos charges exceptionnelles de fonctionnement sont tellement minorées (651 000 euros) que vous dégagez pour l’instant mais de façon tout à fait artificielle un peu plus de 7 millions d’euros en virement à la section d’investissement.

 

L’Investissement, justement : attardons nous un peu sur le sujet.

Vous avancez un programme d’équipements à financer pour 2010 de 41 millions d’euros. Mais votre capacité d’autofinancement est devenue presque nulle, et votre épargne nette est même négative !

 

Moralité :

 

  • L’équipe Paecht diminuait les impôts locaux de 2% par an . La première année, vous les avez augmenté de presque 9,79%. La Teom baissait de 10,26%. La seconde vous supprimez les abattements.

  • Arthur Paecht allait chercher des subventions auprès de l’Europe, de la Région, du Département, de TPM. 30 % des recettes d’investissement étaient alors couvertes par des subventions. Aujourd’hui seuls 9 millions sur 75 proviennent de subventions extérieures, soit 12%.

  • Vous annoncez 7 millions d’excédent de fonctionnement. Mais sur ces 7 millions, 5 proviennent d’un nouvel effort des foyers seynois.

  • L’événement le plus grave : vous financez votre programme d’équipements exclusivement par l’emprunt, pour 42 millions d’euros. C’est à dire 800 000 euros de plus que le montant prévu des équipements. Nous sommes à la limite de la légalité car vous remboursez par l’emprunt les intérêts de la dette. Ce qui est formellement interdit.

 

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