Revue de Presse:Un monument pour rendre hommage aux Justes

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

 

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Un monument pour rendre hommage aux Justes

 

  Un monument pour rendre hommage aux Justes_1 
Roland Huillet a été reconnu de son vivant « Juste parmi les nations » par l'Etat d'Israël.
( photographie Delphine Gonzalez)

Une première satisfaction. Lors du conseil municipal du 16 juillet dernier, la délibération a été acceptée à l'unanimité des votants : un monument aux Justes va être érigé sur la commune de La Seyne. Le résultat de trois ans de démarches menées par l'infatigable Jean Huillet, commerçant et fils de Juste.


Au départ une histoire de famille

Ce n'est que lorsque leur père est mourant que les frères Huillet apprennent le rôle que celui-ci a joué durant la Seconde Guerre mondiale. « On savait qu'il était prisonnier à Dresde pendant le bombardement. Mais il ne nous a jamais parlé de ceux qu'il a sauvés ». Un certain Moïse Hadjaj, rescapé de la Shoah insistera pour que « son frère » Roland Huillet soit reconnu pour son courage. En 1942, ce dernier était employé dans un hôpital militaire. Pendant plusieurs semaines, il cachera quatre Juifs pour leur éviter « l'évacuation vers une destination inconnue », comme l'évoque pudiquement Moïse. A ce camarade, Roland Huillet procurera aussi des faux papiers, au péril de sa vie. En 2001, après plusieurs années de procédure, le comité Yad Vashem (lire ci-contre) l'inscrira dans sa liste des « Justes parmi les nations ».


Décision politique

En août 2007, Jean Huillet lance une première requête auprès de la municipalité : « La Seyne, deuxième ville du département, doit avoir un lieu de mémoire pour les Justes ». La campagne électorale bat son plein. Arthur Pæcht, le maire de l'époque, accueille le projet positivement, mais le remet à plus tard : « Cela aurait pu passer pour une récupération politique ». Après sa défaite aux élections, le flambeau est transmis à Marc Vuillemot et son adjoint Philippe Mignoni. Après plusieurs mois d'inertie et une lettre, ouverte de Jean Huillet à " Var-matin ", la délibération pour l'érection d'un monument au Justes est présentée au conseil municipal le 16 juillet. « Nous avons choisi cette date comme symbole, deux jours avant la journée de commémoration nationale (1) », explique le maire. L

 

ors de la discussion, Solange Andrieu (2) proposera d'élargir l'hommage « à tous ceux qui ont été persécutés » durant la Seconde Guerre mondiale. En incluant par exemple les communistes et les tziganes.


Mais pour Marc Vuillemot, la chose reste claire : « On n'a pas détourné le sujet. On verra après s'il faut lancer un cheminement, différentes stèles pour la mémoire des autres victimes du nazisme ».


Projet à l'étude

Ce sera donc un hommage spécifique aux Justes. Les nouveaux élus parlaient d'associer à la construction du monument les élèves des filières techniques du collège Wallon et ceux du lycée Langevin.


L'idée a finalement été abandonnée pour lancer un appel d'offres aux entreprises et artistes locaux. Un groupe de travail tiendra sa première réunion en septembre. « J'aimerais y participer, mais si ce n'est pas le cas, la terre ne s'arrêtera pas de tourner », promet Jean Huillet.


Stèle ou sculpture, la forme de l'hommage n'a pas été définie. Rien d'arrêté non plus pour l'emplacement ; « j'aimerais seulement que l'on choisisse un lieu de vie, où l'on vient flâner en famille », reprend le pharmacien.


La municipalité évoque le parc de la Navale ou le parc Braudel aux Sablettes. L'inauguration du monument devrait avoir lieu en milieu d'année prochaine.


1. Le 18 juillet a été déclarée « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français, et en hommage aux Justes de France », par la loi 2000-644.

2. Adjointe aux personnes âgées.

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