Revue de presse: revue presse La Seyne Impôts : le maire justifie sa décision impopulaire

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

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La Seyne Impôts : le maire justifie sa décision impopulaire

   
La Seyne Impôts : le maire justifie sa décision impopulaire_1
Le maire s'est expliqué hier matin, dans son bureau, sur l'épineuse question de la baisse des abattements de la taxe d'habitation. Il devrait aussi organiser des réunions publiques sur ce sujet. Dominique Leriche

C'est probablement la mesure la plus impopulaire prise par la municipalité Vuillemot depuis son élection. La baisse de 10 % des taux d'abattement votée en 2009 se traduit par une explosion de la taxe d'habitation cette année.

 

La ville, qui caracole en tête dans le palmarès des impôts les plus chers du département, voire de France (1), prend le risque d'étrangler encore un peu plus ses contribuables.

 

Marc Vuillemot « assume », même s'il pointe aussi la responsabilité de son prédécesseur et des partenaires qui se désengagent.

 

Entretien.

 

Les Seynois sont exaspérés par la forte augmentation de leur taxe d'habitation. Certains paient 500 euros de plus que l'an passé !

Pour de nombreuses familles, cela représente une charge lourde et inacceptable. La réduction des abattements est injuste car elle agit de manière identique, que l'on paie une taxe d'habitation importante ou non. Mais nous n'avions pas le choix. C'était ça ou supprimer des services publics. Et ça, je ne peux m'y résoudre.


Comment en êtes-vous arrivé à prendre une décision aussi dure ?

Pour équilibrer le budget, il fallait soit augmenter les taux d'imposition, soit baisser les abattements pour élargir le nombre de foyers fiscaux. Ou alors, laisser l'État faire des coupes à la hache (en étant placé sous tutelle, Ndlr). On a choisi la 2e option, parce que depuis 2001, les services de l'État nous le réclamaient. Si nous en sommes là, c'est aussi parce que de mauvaises décisions ont été prises.


Vous héritez d'une situation ?

Il n'y a pas eu de révision des abattements jusqu'ici, on n'a pas voulu traiter cette question. Au contraire, on a décidé, par démagogie, de baisser de 2 % les taux d'imposition pendant plusieurs années (sous la mandature d'Arthur Paecht, Ndlr). Parallèlement, la dette a explosé (de 70 millions en 1998 à 130 millions en 2009, Ndlr), et les intérêts d'emprunts avec. Il y a eu des erreurs de gestion. Pendant des années, on a inscrit pour 3 ME de dépenses de fonctionnement en investissement, qu'il a fallu réaffecter sur une année...

Les dotations de l'Etat et du conseil général ont beaucoup diminué. La ville bénéficiait en plus de recettes exceptionnelles qu'elle a perdues (vente du foncier, perte liée à la taxe professionnelle).


La baisse des abattements ne rapportera « que » 3,9 millions. Cela valait-il le coup de se mettre la population à dos ?

Ça vaut le coup, même si ça ne règle pas tout le problème. Il faudra continuer à faire des efforts de gestion drastiques en réduisant les dépenses. Je n'exclus pas de baisser encore les subventions aux associations en 2011 en essayant de ne pas toucher à celle de nos quartiers populaires. Je ne me défausse pas, je prends mes responsabilités. Mais j'ai aussi le devoir de porter la parole et la colère de mes concitoyens. Car le vrai responsable, c'est l'État qui conduit des politiques mortelles pour la démocratie locale, en gelant les dotations pour 3 ans, en interdisant aux communes de cumuler les aides régionales et départementales sur des projets d'investissement. L'État nous martyrise, et moi je vais arrêter d'être gentil.


Que proposez-vous aux gens pour qu'ils puissent payer ?

J'ai demandé au trésorier-payeur général du Var d'étaler les paiements. Il m'a répondu que ce serait accordé chaque fois que c'est nécessaire.

 


Source varmatin,Publié le jeudi 21 octobre 2010 à 00H00, mvalmalette@varmatin.com,Marielle Valmalette


1. En octobre 2009, La Seyne était classée 67e au rang des villes les plus imposées de France sur le site capital.fr

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