Revue de Presse: Les candidats aux cantonales à l'unisson pour sauver la maternité de La Seyne

Publié le par ARTHUR PAECHT

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Quel est le point commun entre les différents candidats au canton de La Seyne ? La maternité bien sûr ! De l'extrême droite à l'extrême gauche, tous les challengers s'accordent à dire qu'il faut maintenir les accouchements dans la deuxième ville du Var. A une voix près : celle de la représentante de l'UMP, Sandra Torres (lire encadré).

La maternité, un thème qui rassemble au-delà des clivages politiques ? « Sur une question de santé publique comme celle-ci, les candidats ont pris conscience de l'engouement de la population, très attachée à ce service de proximité », avance Anthony Civettini (PCF-Front de gauche).

Pour lui, la maternité est évidemment un sujet de campagne, « parce qu'il touche à l'hôpital et à la défense des services publics ». Le Front de gauche, qui soutient l'action du Collectif d'accès aux soins, va tirer un tract spécifique sur la santé et l'hôpital.

« Pourquoi démanteler un service qui marche ? »

Au NPA aussi, la maternité a sa place dans le débat, d'autant que le parti anticapitaliste fait partie du Collectif d'accès aux soins. « Le transfert sur Sainte-Musse n'est qu'une question budgétaire. Et au-delà de la maternité, c'est l'hôpital de La Seyne qui est vidé de ses services », martèle Joëlle Arnal. Et d'interroger : « Pourquoi prendre le risque d'avoir des femmes qui accouchent dans les voitures ? Pourquoi faire disparaître une maternité où il y a plus de naissances qu'à Toulon ? ».

C'est aussi la question que se pose Denise Reverdito (Europe Ecologie-Les Verts ). « Je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs publics veulent démanteler un service qui marche et qui répond à un besoin ». L'argument du plateau technique qui serait plus performant à Sainte-Musse ne la convainc pas.

A gauche encore, le socialiste Patrick Martinenq ne dit pas autre chose. « Si cette question ne relève pas directement de la compétence du conseil général, il doit se mobiliser pour le maintien de la maternité. Ce service est important, le fermer reviendrait à appauvrir encore un peu plus le canton », souligne-t-il.

« Plus d'identité seynoise »

Au centre, Gérard Beccaria (Modem) se sent très concerné. « Je suis attaché à l'hôpital, mon épouse y travaille. Si la maternité disparaissait, ce serait déplorable. Il n'y aurait plus d'identité seynoise : il y aura écrit "né à Toulon" sur les cartes d'identité. Et puis les problèmes de circulation pour aller à Toulon sont à prendre en compte », estime-t-il.

C'est aussi l'avis d'Alain Chapparo (NC), lequel estime qu' « en cas d'urgence, il faut traverser Toulon et l'état de l'infrastructure des transports n'est pas adapté pour assurer et garantir la sécurité des patients faisant la route ».

Coralie Piccinelli, suppléante de Fathi Bousbih (DvD), a elle-même accouché à La Seyne. Elle se dit « catastrophée ». « La maternité de La Seyne rayonne sur les autres communes de l'ouest-Var. Les mamans qui vont devoir traverser Toulon entre 11 h et 19 h vont être en danger ».

« On va créer une usine à gaz à Toulon »

A l'extrême-droite encore, on veut défendre le « service public de proximité » et le dire pendant la campagne. Gilbert Péréa (FN) dénonce une décision de « technocrates qui calculent comment amoindrir les coûts » au détriment « d'un hôpital de qualité ». Selon lui, Sainte-Musse va devenir « une usine à gaz ». Et de taper sur « l'hyper libéralisme rampant de Bruxelles » qui conduit à ce type de décision.

Enfin, l'ancien maire et docteur Arthur Paecht est opposé à une délocalisation de la maternité. « On avait réussi à faire un bel équipement, avec un pôle mère/enfant d'excellence. Mais la vision comptable et économique ne cadre pas avec la vision de la santé », juge-t-il.

En revanche, il estime que le sujet « n'a rien à voir avec les cantonales ». « Certains se trompent un peu de bataille.

Mais la mobilisation est une bonne chose », conclut Arthur Paecht.

mvalmalette@varmatin.com

A contre-courant des autres candidats, Sandra Torres (UMP) considère que le débat sur la maternité n'a pas sa place dans la campagne électorale. « Je suis un peu étonnée, ce débat ne concerne par les compétences du conseil général. Le conseiller général n'a absolument aucun pouvoir pour fermer ou maintenir la maternité de La Seyne », souligne-t-elle. Pour la candidate, surfer sur cette thématique en période pré-électorale est « purement démagogique ». Que dira-t-elle si les électeurs l'interrogent à ce sujet ? « Je suis pour la fermeture si c'est pour avoir une maternité de niveau 3(1) à l'hôpital Sainte-Musse », répond-elle. Sandra Torres estime que « la mutualisation des moyens pour avoir un plateau technique performant est une bonne chose. Quand on est touché, comme je l'ai été dans mon entourage, par des complications à l'accouchement et qu'il faut partir en catastrophe à Marseille, je pense qu'il vaut mieux avoir tous les services nécessaires sur Toulon. De toute manière, la plupart des femmes de l'ouest-Var accouchent déjà à la clinique Saint-Jean... »

Elle s'inscrit dans la droite lignée de la position du député UMP, Jean-Sébastien Vialatte qui juge qu' « avoir une seule maternité publique est légitime ». Ce dernier d'ailleurs de préciser : « Je vais poser une question orale à la ministre sur la nécessité de voir à Toulon une maternité de niveau 3. Techniquement, on ne peut pas entretenir deux blocs opératoires, deux services néonatalogie. L'objectif est une maternité de niveau 3, qui ne peut être atteint qu'avec le regroupement ».

1. Les établissements de niveau 3 disposent d'un service de réanimation néonatale et sont spécialisés dans le suivi des grossesses pathologiques (hypertension sévère, diabète) ou multiples, celles dont on sait, dès la conception, qu'elles présentent un risque pour l'enfant à naître. Les prématurés de moins de 33 semaines, par exemple, naissent dans ce type d'établissement, car les médecins doivent intervenir immédiatement pour des raisons de détresse respiratoire.

« Ce débat ne concerne pas les cantonales »

 

 Source Var-Matin Marielle Valmalette,le samedi 26 février 2011)

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