Revue de presse: Le maire de La Seyne-sur-Mer lance un SOS à l'Etat

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

 

revue presseLe maire de La Seyne-sur-Mer lance un SOS à l'Etat

Arthur Paecht (UDF) a hérité d'une ville au bord de la faillite.

 

La Seyne-sur-Mer

 

Le docteur Arthur Paecht, député (UDF) et vice-président du conseil général du Var, a posé son diagnostic: la ville de La Seyne-sur-Mer, qu'il a reprise au communiste Maurice Paul le 18 mars, est malade et ne pourra guérir qu'à coups de remèdes de cheval. Le nouveau maire a une posologie, mais elle risque de faire mal aux 60 000 Seynois. Si bien qu'il préférerait voir un autre toubib, en l'occurrence l'Etat, signer l'ordonnance à sa place. Hier, il a fait voter par son conseil municipal un budget de fonctionnement en déficit de 37,75 millions de francs. Une façon de refiler la patate chaude au préfet du Var qui va solliciter l'avis de la chambre régionale des comptes. Paecht n'attend que ça. Non seulement parce qu'il avoue n'avoir trouvé «aucune solution» pour gérer différemment l'héritage de la municipalité précédente, mais aussi parce qu'il espère décrocher ainsi une subvention d'équilibre de l'Etat.


«Clientélisme». Au soir du 18 mars, le nouveau maire espérait sans doute une autre entame de match pour son équipe. Pourquoi renoncer aussi vite à gérer une ville qui n'avait jamais élu un maire de droite aussi confortablement (3 000 voix d'écart)? «Parce que la situation est si catastrophique que la seule politique envisageable pour les trois ans à venir c'est d'éviter la faillite», explique-t-on dans l'entourage de Paecht. Et la nouvelle équipe de fustiger «la gestion irresponsable» de Maurice Paul, «qui a conduit cette ville au bord du gouffre en poursuivant la politique clientéliste et dispendieuse qui la mine depuis plus de vingt ans». Contactés, l'ancien maire de La Seyne et un de ses adjoints n'ont pas souhaité s'exprimer sur les reproches de leurs successeurs.


En arrivant aux affaires, en 1995, l'ancien maire communiste avait hérité d'une situation peu reluisante. Au terme de ses deux mandats, l'UDF Charles Scaglia avait laissé une ville financièrement aux abois et socialement moribonde. Entre 1995 et 1998, Maurice Paul n'a eu d'autre choix que celui de la rigueur et de l'austérité. Au prix d'une hausse sévère de la fiscalité locale (+ 14,4 % d'un coup en 1996), il avait certes réussi à redresser partiellement la barre, ce qu'avait d'ailleurs souligné le cabinet Klopfer, missionné par la ville pour la conseiller au plan financier, dans une note datée du 26 avril dernier. Dans ce document, le cabinet parisien observait toutefois que la situation s'était «brutalement détériorée» courant 2000, en raison de choix «pour la plupart imputables à la municipalité»: baisse de 1 point de la fiscalité locale, hausse vertigineuse des dépenses de personnel (+ 9,5 % en un an) et des frais de fonctionnement (estimée à + 20 %), aggravation de la dette bancaire à 546 millions de francs...


Avenue Staline. Avec des taux d'imposition déjà aux limites du raisonnable ­ les Seynois subissent depuis cinq ans une pression fiscale deux fois supérieure à la moyenne nationale ­, la marge de manoeuvre d'Arthur Paecht est quasiment nulle s'il veut améliorer les chiffres de sa colonne «recettes». D'autant que les entreprises ne se bousculent pas au portillon ­ pas une seule installation significative en dix ans ­, en raison justement d'une taxe professionnelle repoussoir, à plus de 25,5 %. Ancienne ville rouge, La Seyne-sur-Mer fut la dernière ville de France à débaptiser son avenue Staline, en 1984, à la suite de l'élection de l'UDF Scaglia. La dégringolade financière débuta à ce moment-là et s'accéléra en 1987, avec la fermeture définitive des chantiers navals Normed. «L'erreur a été de poursuivre la même politique clientéliste que les communistes, alors qu'il aurait fallu resserrer très fort tous les boulons», analyse aujourd'hui un proche d'Arthur Paecht. Le retour aux affaires du PCF, en 1995, n'a pas infléchi durablement cette tendance.

 

Au total, la ville compte aujourd'hui 1 500 employés municipaux et contractuels, «alors qu'il en faudrait 800 ou 900 grand maximum pour ne pas plomber les comptes», assure l'un des rares cadres supérieurs de la mairie. Les chances du nouveau maire de soutirer un chèque significatif à l'Etat restent néanmoins très minces. Si tel était le cas, il n'aurait d'autre choix que de renoncer provisoirement à gérer la ville.

 

Source Libération.fr

Politiques 15/05/2001 à 00h52
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