Revue de Presse: La Seyne mise sur l'accueil des yachts

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

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La Seyne mise sur l'accueil des yachts

  

 

La Seyne mise sur l'accueil des yachts_1  
Avec la saturation des ports de Méditerranée, La Seyne peut tirer son épingle du jeu pour attirer des yachts « en hivernage », mais aussi pour générer de l'activité en faveur des entreprises locales spécialisées dans le nautisme. Dominique Leriche

Malgré les déboires rencontrés dans l'avancement du dossier du futur port de plaisance - le projet sera d'ailleurs relancé « dans les meilleurs délais », assure le maire -, la municipalité garde le cap. L'ambition est intacte : développer une économie locale tournée vers la mer. Le nouveau cheval de bataille est donc l'accueil des navires « de grande plaisance », autrement dit les yachts de luxe. « Il s'agit de mettre à profit notre culture du nautisme, et de valoriser notre potentiel patrimonial et domanial » (le site des chantiers), explique Raphaëlle Leguen, adjointe au maire en charge des questions maritimes.

 

« Vraie animation économique »

Sur le papier, le projet semble séduisant. Encore faut-il convaincre de son bien-fondé. Lors du conseil municipal, mercredi dernier, Christine Sampéré (PC) a déclaré ne pas en voir l'intérêt : « Je ne pense pas que la grande plaisance, comme d'ailleurs le casino, soit une réponse au problème de l'emploi dans notre région ». Avis partagé par Marcel Barbero (UMP) : « Je suis d'accord avec Mme Sampéré, ce n'est pas cette activité qui résoudra les problèmes financiers de la Ville. » D'aucuns ont aussi critiqué le côté « paillettes » de la démarche.

Des remarques qui font bondir Raphaëlle Leguen.

 

« S'il sera plaisant d'aller admirer ces bateaux magnifiques, ce n'est pas du tout le côté paillettes que nous visons. Au contraire, c'est une vraie animation économique que nous voulons proposer ». Et l'adjointe au maire d'insister sur les « potentialités de travail pour les entreprises seynoises qui gravitent autour du nautisme et qui disposent de compétences en matière de motorisation, d'électronique, de sellerie, d'aménagements à bord, etc. Sans oublier l'activité induite pour les commerces de proximité puisque les équipages en hivernage auront besoin de se nourrir, de s'occuper, d'aller au pressing, etc. ». Et d'évoquer aussi d'éventuels débouchés pour les élèves de l'IPFM(1) et du CFA Métiers de la mer.

 

Quelles recettes ?

Philippe Mignoni, en charge de l'économie, abonde face aux détracteurs : « Bien sûr que l'accueil des yachts est une activité créatrice d'emplois. Elle permet aussi de dégager des financements pour d'autres aménagements. N'oubliez pas que si on ne propose pas cette activité ici, elle se fera ailleurs. » Concrètement, la mise à disposition de postes à quai pour les yachts sur le site de l'Esplanade Marine suppose des travaux d'aménagement prévus en 2011 et qui coûteraient près de 3 millions d'euros. Un investissement que la ville espère rentabiliser en 3 à 5 ans, même si aucun chiffre n'est encore communiqué.

 

D'où l'interrogation d'Arthur Paecht, pourtant « favorable au projet » : « Où sont les estimations de recettes ? Quand on fait un investissement, on doit avoir des éléments aussi précis que possible. Or, là, nous n'avons rien », a observé l'ancien maire lors du conseil municipal.

 

« On pourra chiffrer le potentiel en fonction des réservations, lui a répondu Raphaëlle Leguen. Mais faire un prévisionnel aujourd'hui, c'est un peu compliqué car les tarifs affichés pour 2011 sont a minima puisqu'ils prennent en compte la gêne occasionnée par les travaux d'amélioration des infrastructures ». Et d'assurer que cette question sera soumise aux élus lors du débat d'orientation budgétaire prévu au cours du premier trimestre 2011.

 

1. Institut de promotion et de formation aux métiers de la mer

 

(Source Var Matin, Michaël Guillon, Publié le mardi 21 décembre 2010)

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