Proposition de loi : Génocide Aménien

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

NM-315565Une fois de plus, avec une touchante quasi unanimité, les députés de tous bords ont voté pour la pénalisation d'une éventuelle négation du génocide arménien par les Turcs.

 

En ce qui me concerne j'ai bien voté en 2001 la reconnaissance de cette horrible tuerie mais, en raison de la polémique actuelle je me demande si j'ai bien fait et surtout si aujourd'hui je ferais de même!

En effet si les historiens, y compris des historiens turcs, pour dire effectivement cet horrible massacre a bien eu lieu, je pense à l’instar du Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer et du Ministre des Affaires Étrangères Alain Juppé, qu'il n'appartient pas à l'Assemblée Nationale ou au Sénat de notre pays à légiférer à l'encontre de ceux qui voudraient persister à nier les faits établis.

 

Ce ne sont pas les parlementaires français qui doivent faire une loi car si seuls les Historiens doivent écrire l'Histoire en aucun cas il nous appartient de pénaliser ceux qui ne veulent pas admettre les faits établis.

D’ailleurs les suites ne se sont pas fait attendre, le Premier Turc a haussé le ton et La France n'a rien gagné à voter ce texte qui n'est pas de sa compétence!

 

Depuis des années nous faisons des efforts politiques, économiques et culturels pour nous rapprocher de cet important état francophile et souvent francophone et voilà que pour des purement électoraliste on fiche en l'air nos cartes dans un pays qui ne nous est pas défavorable

Ainsi se pose de nouveau, avec acuité, la question du vote communautaire alors que de toute évidence les Arméniens sont aussi partagés entre la gauche et la droite que ne le sont les citoyens de confession israélite où même les français d'origine turque eux mêmes!

 

Les communautés d'origine étrangère qui sont intégrés, par leur nationalité française votent en fonction des mêmes critères que les autres électeurs en fonction de leur situation dans la société française, de leurs justes revendications, insatisfactions voir de leurs angoisses et non pas forcement pour celle ou celui qui a pris position contre un drame qui est certes douloureux à leur souvenir mais qui n'a plus rien à voir avec leurs réalités quotidiennes.

Enfin, et j'en parle malheureusement en connaissance de cause, il faut savoir tirer le trait définitif sur un passé douloureux mais dans lequel les générations actuelles,d e part et d'autre, n'ont plus aucune responsabilité..

 

Faut il rendre responsable les Américains d'aujourd'hui de l'éradication des Amérindiens?

 

Ce serait aussi ridicule que la réaction excessive du Premier Ministre turc Erdogan qui demande à La France de reconnaitre le " génocide" des Algériens oubliant au passage que c'est l'Empire Ottoman, la Sublime Porte, qui occupait ce pays et qu'il n'existait pas d'Algérie avant que la France ne l'ait créée!

 

Il me semble que le comprtement des ottomans n'était pas non plus exempt de toute violence pour rester modéré dans l’expression.

Vous voyez bien que chacun doit certes balayer devant sa porte et les Turcs aussi et nous de même !!!

Arrêtons comme de Gaulle et les dirigeants allemands ont su le faire  immédiatement après la dernière guerre mondiale, arrêtons d'instrumenter le passé à des fins électorales et partisanes  à courte vue et construisons l'avenir.

 

On ne peut, et j'en sais quelque chose, oublier ou renier son passé mais pour surmonter les grandes difficultés de notre monde si gravement perturbé il ne faut plus se contenter de regarder le rétroviseur mais mettre son énergie à redistribuer les cartes en fonction des impératifs d'aujourd'hui por ne pas avoir à se reprocher d'avoir par égocentrisme participé à une future déflagration mondiale dont personne aujourd'hui peut prétendre d'en mesurer les contours, les formes et les conséquences!


Voilà les raisons pour lesquelles j'aurai refusé de voter cette proposition de loi, de circonstance certes, mais indiscutablement contraire à une éthique parlementaire et qui j'espère, mais j'ose à peine le croire, sera repoussée par le Sénat.

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