PARKINGS : UN DIVORCE QUI MET LA VILLE SUR LA PAILLE

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

Paecht

 

PARKINGS : UN DIVORCE QUI MET LA VILLE SUR LA PAILLE

 

Nous voici donc à l’épilogue du feuilleton des parkings seynois.


Un feuilleton qui nous aura tenu en haleine plus d’une année, année où régnera surtout la loi du silence. A toutes nos questions et interrogations, à longueur de conseil municipal, vous vous êtes bornés à nous répondre : «  Bientôt ! attendez, et vous verrez… ».

 

Aujourd’hui, et après avoir beaucoup attendu (et donc espéré), nous voyons.

 

Nous voyons surtout un protocole d’accord désolant, coûteux, injuste, démagogique, et destructeur d’un projet cohérent d’aménagement, fruit d’une négociation où le seul souci que le Maire a eu en tête était idéologique. L’intérêt général est passé très loin derrière…

 

Ce protocole est désolant.

Certes, Q Park a déserté le chantier et s’est mis à la faute. Mais alors pourquoi ne pas avoir attaqué l’entreprise pour non respect du cahier des charges de la Délégation de Service Public ?

A mon avis, la Ville a aussi commis une faute, car le chantier des Esplageolles débutant, il était temps pour la Municipalité de lancer l’étude sur le stationnement payant sur voirie, afin d’être prêt dès la livraison des Esplageolles, comme le stipule le contrat, ce que le Maire a refusé. Une faute partout, la balle au centre.

 

Mais une seconde faute est à relever : en mettant en place un fléchage directionnel des parkings gratuits lors des grandes manifestations, comme le Tour de France à la voile, la Ville a directement concurrencé son propre … partenaire !

Comment voulez vous avoir un dialogue serein avec un délégataire lorsque, sciemment, on le prive de recettes ?

 

Quoi qu’en dise aujourd’hui le Maire et son équipe, Q Park a toujours été un partenaire de la Ville, à condition qu’on le respecte. Devant les exigences des parents d’élèves de Martini et Anatole France, Q Park avait accepté un tarif de 10 euros par an pour une demi heure le matin et une demi heure l’après midi, aux heures d’entrée et sortie de classe.

 

La Ville n’était pas dans une attitude de dialogue avec Q Park, mais de défi, parfois à la limite de la diffamation. Piétinant durant des mois avant de rencontrer leurs dirigeants, aucun fonctionnaire n’étant clairement mandaté pour cela en Mairie. Ce qui devait arriver arriva.

 

Marc Vuillemot a l’air aujourd’hui triomphant en donnant l’impression de rendre aux seynois ce qui leur appartient, dénonçant une fois de plus un patrimoine que j’aurais laissé au secteur privé. C’est oublier une chose : ces parkings étaient certes construits et exploités par une société privée, mais revenaient dans le patrimoine municipal après 32 ans… Ils étaient construits par le privé pour préserver la Ville d’un endettement déjà lourd : en reprenant la main sur ce dossier, la gauche seynoise plombe une fois de plus les finances communales.

 

Ce protocole est coûteux.

3,7 millions d’euros. Plus de 20 millions de francs. La facture sera à régler sur le budget de fonctionnement et là je donne rendez vous pour une décision modificative du budget. Où diable vont ils aller chercher cette somme dans un budget plus que contraint ? Rien n’est prévu dans le Budget Primitif, alors que la Ville est en pleine négociation avec Q Park depuis 18 mois... Décidément, le Budget Primitif présenté pour 2010 n’était donc pas sincère…

 

4 millions d’euros en investissement pour construire les Esplageolles. C’est une estimation basse.

Un lourd investissement, qui va peser sur tous les ménages payant des impôts et non seulement sur les usagers du parking.

Gestionnaire de Martini, la Ville est dans l’obligation légale de reprendre les deux salariés de Q Park à sa charge, ainsi que l’ensemble des contrats de maintenance etc…

Le coût de fonctionnement est il évalué ? S’il l'est, alors il est resté secret, car effarant !

 

Le protocole est injuste car de nouvelles charges vont peser sur tous les contribuables. Les non usagers des parkings paieront pour ceux qui l’utiliseront. Est cela la mesure sociale dont Vuillemot se prévaut à travers ce protocole ?

 

Il est injuste aussi pour les services municipaux mis au pain sec et à l’eau, refusant d’octroyer ici ou là une gomme ou un crayon sous couvert de rigueur. Et là, en fin d’exercice comptable, on s’apprête à faire un beau chèque de 3,7 millions. C’est un affront pour les agents et les services municipaux qui n’ont plus les moyens de travailler correctement.

 

Le protocole est démagogique. En souhaitant former un comité d’usagers, la Maire poursuit sa politique de la poudre aux yeux, en voulant faire croire que chacun à son mot à dire. Marc Vuillemot n’a t’il pas ses propres convictions sur le sujet, une idée des tarifs, des abonnements, de la première heure gratuite ou pas etc… Cette attitude ultra électoraliste de toujours vouloir consulter le bon peuple va finir par les faire passer pour des élus sans cervelle…


Que pourra t’il sortir de ce comité d’usagers, sinon le souhait de voir des tarifs les moins élevés possibles, la gratuité pour les minimas sociaux, les anciens combattants, les élus et fonctionnaires municipaux etc, etc… Et ils osent dire que c’est une bonne nouvelle car des recettes vont tomber dans les caisses ? Ils se bercent d’illusions. Chaque parking sera ultra déficitaire et viendra enfoncer un peu plus la Ville sous la ligne de flottaison.

 

Le protocole est destructeur du projet d’aménagement global des anciens chantiers ; Après le Pôle Théâtral, le Centre de Conférences, le Port de Plaisance dont on ne peut que douter de sa faisabilité, la réhabilitation du bâtiment CPM en complexe cinématographique, on s’apprête à enterrer le projet du stationnement dans une ville qui se modernisait et misait sur son développement économique et touristique retrouvé. Avec la réforme des collectivités annoncée on savait que le maire conserverait au moins cette compétence : Vuillemot devient le spécialiste des cimetières et des enterrements, le champion toute catégorie de la démolition de projets sans jamais proposer d’alternative. Il est sans idées, sans ambition, sans moyens, sans projets.

 

Les élus socialo – communistes disent partout que la Ville fait une bonne affaire. A la réflexion, je crois plutôt que c’est Q Park qui fait une bonne affaire, en récupérant une grosse partie (les ¾) de sa mise de fond.

 

Q Park a compris depuis l’arrivée de cette piètre équipe aux commandes de la Ville, et son entreprise de démolition de mon projet, que ses parkings resteraient désespérément vides.

 

A la première occasion, ils ont pris la poudre d’escampette.

 

Ils ne seront pas les seuls.

 

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