Ni capitaliste, ni soumis.

Publié le par ARTHUR PAECHT

 

 

l'humain d'abord

 

Il est de coutume de dire que les hommes et les femmes politiques usent et abusent de mots clés en direction des électeurs afin d'être plus proche d'eux, de partager leurs vies, leurs émotions et de justifier ainsi leurs actions, voir même leurs inactions.

 

Cette approche de « marketing politique » est aujourd'hui communément appelée éléments de langage.

 

Notre ville et nos élus politiques n'échappent pas , malheureusement, à cette nouvelle vague, exemples:

 

  • En juin 2008, Le Maire prenait un arrêté anti-expulsion, la seyne devenait ainsi une « zone de protection des locataires en difficulté » (1)

  • Au delà de l'engagement de campagne pris par Marc Vuillemeot, cet arrêté avait pour objet d'interpeller l'Etat: Le maire de La Seyne demande au préfet du Var d'appliquer la loi relative à la lutte contre les expulsions qui, entre autre, dispose qu'une charte pour la prévention des expulsions doit être élaborée dans chaque département, avec l'ensemble des partenaires associés »(1))

     

  • « Il est anticonstitutionnel de contraindre les communes, qui sont libres de leur administration »(2)

  • Son homologue de Brignoles de lancer: »Nous ne sommes plus, comme sous le Second Empire, aux ordres du gouvernement ».(2)

  • «  C'est dans la logique de ma vie et aussi celle des orientations qu'on s'est assignées, à notre petit niveau d'élus locaux, pour faire, vivre les mots Liberté, égalité, Fraternité inscrits sur le fronton des mairies ».(3)

  • « La Seyne a toujours été une terre d'accueil »(3)

  • Ca veut dire quoi » toute la misère du monde »? J'ai pris hier soir, seul et en mon âme et conscience, la décision de répondre favorablement à une demande de la Préfecture du Var d'accueillir pour quelques semaines à La Seyne quelques familles de réfugiés bosniaques. Leur installation devrait se faire dans les locaux de l'ancienne école Sainte-Thérèse, désormais propriété de la Ville de La Seyne...(4)

 

A la lecture de ces quelques tirades locales, il m'est apparu intéressant de préparer, le discours politique des futures échéances électorales de nos chers élus de la majorité:

 

« La municipalité actuelle est une municipalité qui a du coeur et une vision profonde et humaine de ce que doit être la gestion d'une collectivité locale.


Ancré profondemmment à gauche, notre groupe « multi pass » n'est pas une alliance de circonstance et d'intérêts personnels.


Nous ne sommes pas les vassaux du Gouvernement « Blin bling », nous sommes libres de nos choix et de nos actes, la résistance seynoise face au grand capital doit être exemplaire.


Il est temps aujourd'hui que La seyne-sur-Mer montre la voie à la France, et sans démagogie aucune puisse servir d'exemple au monde entier.


Remettons, tous ensemble, l'homme au coeur de la société.


Le sol sacré Seynois appartient aux hommes et aux femmes du monde entier, ni capitaliste ni soumis, nous accueillons sans distinction aucune les laissés-pour-compte.


Le coeur de la Seyne-sur-Mer est assez grand pour tous. »

 

C'est magnifique, mais c'est de la pure fiction, la réalité locale apparaît toutefois bien différente.

 

En effet, Les éléments de langage s'affirment aujourd'hui très clairement: expulsions, pragmatisme, realpolitik, c'est pas nous c'est la faute de l'Etat, c'est pas notre faute c'est TPM....

 

Dernier exemple en date:

« TPM qui a la compétence dans ce domaine, a failli. Je regrette cette situation, mais on est obligé pour des raisons de sécurité et d'hygiène de demander leur expulsion » Justifie Jocelyne Léon, adjointe à la sécurité.( Source Var matin du 11/05/2010, La Ville demande l'expulsion des gens du voyage.)

 

Le Maire est souverain sur son territoire? Parfait.

 

Les gens du voyage prenaient un risque en restant sur le site de CPM, on  les a expulsé pour leur sécurité, très bien.

 

Et après, aucune solution de rechange pour ces personnes venues se réfugier sur cette fameuse terre

d'accueil?

 

Le Terrain, maintenant nettoyé, qui doit bientôt accueillir la grande surface « Grand frais » aurait pu convenir temporairement aux gens du voyage expulsés.

 

A moins que la prochaine étape ne soit l'expulsion des vendeurs du marché provençal ?

 

Démagogie et poudre aux yeux, les gens du voyage incommodaient nos riches touristes des yachts et des croisières.

 

Les gens du voyage devaient partir pour ne pas faire peur au Grand Capital , telle est la réalité locale.

 

A la Seyne-sur-Mer , oui on accueille , c'est vrai , mais pas ceux que nous croyons !!!!!

 

Le social a ses limites que la raison économique impose.

 

 

 

1.(source var matin, le 14/06/2008, La Seyne devient une « zone de protection des locataires en difficulté »

2.(source var matin le 7/10/2008, Brignoles et La Seyne s'opposent au droit d'accueil dans les écoles).

3.(source Var matin, le 24/04/2009, La Seyne sur mer Le maire s'engage contre les expulsions de sans -papiers)

4.(source Blog de Marc Vuillemot 30/avril 2010).



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article