Le Retour de L'UDF

Publié le par ARTHUR PAECHT


 

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Il ne reste plus aux amis d'Hervé Morin et de Jean-Louis Borloo qu'à trouver un nom pour la confédération des centres qui se met en place. Il leur suffirait de reprendre celui de l'UDF, créée en 1978 et morte deux fois : en 2002, quand une partie des centristes a rallié le camp chiraquien ; en 2007, quand François Bayrou a tenté de construire une offre nouvelle autour de son ambition.

Le nom ne sera pas repris, mais la démarche est la même : réorganiser l'actuelle majorité en deux pôles. L'UMP était le fruit de la victoire idéologique de l'UDF et de la victoire politique du RPR. La nouvelle confédération des centres découle d'un échec politique de la famille sarkozyste. En 2002, les thèmes centristes - l'Europe, le libéralisme, la décentralisation -s'étaient imposés à toute la droite française. Mais, mieux organisés, plus conquérants, les dirigeants chiraquiens et sarkozystes ont pris les rênes. Jusqu'à détenir toutes les fonctions (l'Elysée, Matignon, la présidence du parti, des deux assemblées et d'un des deux groupes parlementaires).

Trois facteurs expliquent le soudain réveil des centristes de la majorité. Le sentiment d'humiliation d'une part, nourri de l'échec de l'hypothèse Borloo à Matignon et de l'oukase élyséen contre toute candidature présidentielle autre que celle du chef de l'Etat. L'impression ensuite, d'une politique hémiplégique trop dominée par les questions de sécurité et d'immigration. Réalité ou prétexte ? Cette inflexion dénoncée par une partie de la majorité a fourni la justification idéologique d'une émancipation avec la majorité.

Enfin, les sondages catastrophiques pour Nicolas Sarkozy, les échecs successifs (municipales, régionales, cantonales) et la peur d'une déroute présidentielle et législative en 2012 donnent aux centristes une audace dont ils n'ont pas toujours fait preuve dans leur histoire.

Il leur reste du chemin à parcourir. Au-delà du charisme de Borloo et du réseau d'élus du Nouveau Centre, la confédération a des airs d'abri de survie de personnalités isolées. La volonté de se démarquer l'emporte pour l'heure sur la force des propositions. L'attentisme des parlementaires rend encore hypothétique le succès de l'entreprise. Mais si l'ancienne UDF renaissait de ses cendres, ce serait moins le signe de la pertinence de son projet que l'échec d'une UMP qui n'aura pas su se montrer à la hauteur du pari historique d'une unification de la droite française.

 

( source du 09/05/11 | 07:00 | Guillaume Tabard - Les echos.fr)

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