Il faut savoir jusqu'où ne pas aller trop loin !!!

Publié le par ARTHUR PAECHT

En 2008 dix miliaires français ont été tués en Afghanistan dans une embuscade.

 

Ce n’étaient malheureusement ni les premiers ni les derniers.

 

Il est évident que nous comprenons parfaitement la douleur des familles et il est tout à fait normal que le Chef des Armées Président de la république et son Ministre des Armées exigent du Chef d’Etat Major des Armées qui conduit les opérations fasse en sorte qu’en toute circonstance la sécurité de nos soldats soit assurée au maximum, en fonction des moyens et surtout des circonstances.

 

C’est aussi au Chef d’Etat Major des Armées qu’il revient d’enquêter sur d’éventuels dysfonctionnements ou d’erreurs toujours possibles du commandement auquel on ne peut pas en matière d’opérations de guerre imposer une obligation de résultat !!!!!

 

Or sur plainte d’une famille un juge français va enquêter sur les circonstances du drame vécu par notre Armée le 18 Août 2008 dans la vallée d’Uzbin et c’est la première fois dans notre longue histoire militaire qu’un juge CIVIL va avoir à enquêter sur le bon déroulement d’une opération militaire, de plus sur un théâtre d’opération extérieur.

 

 

A juste titre le Ministère de la Défense ne peut que s’inquiéter de cette judiciarisation excessive des affaires militaires non pas parce que un militaire serait au dessus des lois mais en raison des circonstances particulières dans lesquelles il exerce des missions périlleuses au service de son pays.

 

Encore une fois, tout en comprenant parfaitement et en partageant la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, le rôle d’un soldat librement engagé de surcroît, consiste si indispensable de tuer l’ennemi au risque d’être tué lui-même.

 

C’est la raison pour laquelle ce qu’on a comme coutume d’appeler le «  métier des armes » ne peut être un métier comme les autres et traité comme tel.

 

Je voudrais rappeler les paroles récentes de Gérard Longuet, notre ministre de la Défense qui ne peut en aucun cas être taxé d’indifférence et qui souligne que l’armée est soumise au droit et qu’il est donc normal qu’elle rende compte.

 

Mais il faut aussi souligner que depuis toujours, et il en sera ainsi à l’avenir, la conduite des opérations est un exercice singulier qui n’est pas, et ne peut pas être dans le droit commun.

 

Pour l’honneur de nos armes et par respect de ceux qui les portent j’espère que la désignation de ce juge d’instruction sera infirmée par la Cour de Cassation actuellement saisie.

 

Arthur Paecht

Ancien Vice-Président de l'Assemblée Nationale

 

 

 

 

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