Arthur Paecht Rapporteur de la mission parlementaire sur le système échelon

Publié le par ARTHUR PAECHT

ARTHUR ASSEMBLEE INTER 2 001

 

 

Le rapporteur de la mission parlementaire d'information sur les réseaux d'espionnage électronique, Arthur Paecht, vient de rendre son rapport sur le système Echelon. Depuis le 29 février 2000, cette mission enquête sur les grandes oreilles américaines. ZATAZ Magazine a posé quelques questions à ce Député du Var.

 



Echelon, mythe ou réalité ?


C'est une réalité. Il suffit de voir le nombres de photos de stations, d'antennes sur le web pour en être certains. Nous avons aussi des éléments portant sur des entreprises qui auraient subit les espionnages de ce système. (ndlr, voir notre dossier sur le système Echelon.) En revanche, il persiste des interrogations sur la manière de fonctionnement du système Echelon. Sur ses capacités de tous capter, il n'y a pas beaucoup de doute, par contre nous avons une vraie interrogation sur ses capacités de les exploiter. Trop d'information tue l'information et il y a saturation obligatoirement. Echelon serait capable de traiter 180 millions de messages à l’heure. Retrouver des informations précises dans ce paquet de données me parait plus difficile. C'est sur ce point que nous avons des doutes. 


Ce système d’espionnage serait donc dépassé ?


Il est fort probable qu’il existe déjà d'autres techniques d'interceptions. Compte tenu de l'évolution des moyens de cryptographies, on peut penser que l'analyse demande des moyens supérieurs en technique et infiltration. (ndlr, il faut savoir que 10 milliards d'Emails sont envoyés par jour dans le monde. D'ici à 2005, la société de recherche International Data Corp estime que ce chiffre passera à 35 milliards"


Que pensez-vous de ses rumeurs de codes cachés dans les logiciels américains ? Je pense aux suspicions à l'encontre de Windows, PGP, etc...


Je suspecte que les logiciels américains donnent la possibilité d'être bidouillé de telle manière qu'au moment ou l'on met en place un logiciel de cryptage en amont, le texte en clair soit déjà transmis. C'est à dire, avant même que l'on ait introduit la clé de chiffrement, le texte a déjà été intercepté. Je ne dis pas que tous les logiciels américains sont piégés mais si on prend le cas de PGP on peut se poser des questions. Au lancement de ce logiciel, la NSA, a fait le gros dos, quelques modifications ont été réalisées et la NSA l'a laissé passer. Je ne crois pas au bon sentiment de cette agence. Nous nous sommes aussi demandés si ce n'était pas une énorme manipulation de désinformation. Imaginez que tous les internautes souhaitent se protéger. Un sacré marché pour les fabricants de logiciels de sécurité. 


Que pensez-vous de ces anciens agents des services secrets comme James Woosley (CIA) ou encore F.Thomas Martin (Nsa) qui ont commencé à parler du système Echelon ?


Pour ce qui est de James Wossley, il a été très clair, cet ancien directeur de la CIA a avoué qu'il y avait eu des utilisations d'un tel système. Il nous a d’ailleurs fait un grand discourt moralisateur en disant "Oui, c'est vrai on vous espionne (...) On vous espionne car vous souhaitiez donner des pots de vin pour récupérer la décision au sujet de certains marchés." D’autres personnes à Washington m'ont dit que si je continuais à vouloir enquêter, il me dévoilerait des tas de choses au sujet des services secrets français, comme par exemple ce que savent faire nos espions. Pour ce qui est de F.T. Martin je suis un peu méfiant car je ne comprends pas les motivations de ce retraité de la NSA qui se met à table. Avec ce dernier on peut penser à de la manipulation


Espionner, n’est-il pas un moyen normal de se protéger ?


Oui, mais à la différence que nous, nous n'avons pas de système multinational. Je trouve même normal que nous ayons des relations  bi-laterales avec nos alliés. Surtout s'il s'agit de terrorisme, de grand banditisme, etc... Il est normal que nous échangions des informations. Mais pour ce qui est du système Echelon, c'est Washington, et Washington seul qui se sert des informations récupérées. Des informations qui dépassent de loin la recherche et le contrôle du grand banditisme ou autres.


Votre rapport explique que certaines personnes n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet.


Oui ! Par exemple j'ai eu une fin de non-recevoir du chef des services secrets britanniques, ainsi que du patron de la NSA.


Ils avaient déjà du lire votre rapport !


Certainement (rire)

Les interceptions se font surtout de l'espace, comment gérer ce problème ?

Effectivement, les écoutes et autres interceptions se font grâce à des satellites, donc hors territoire national. Je trouve dommageable que l'on n'ait pas encore pensé à une loi internationale à ce sujet. L'espace n'appartient à personne, donc je ne vois pas pourquoi, un pays plus qu'un autre, s'autoriserait à contrôler l'espace pour surveiller ses  ennemis… et ses amis.


Les suites qui vont être donné à ce rapport ?


Nous ne souhaitons pas, à notre niveau, continuer. Nous n'avons pas assez d'éléments. Par contre à l'échelle du parlement Européen nous allons intégrer des actions qui vont être mises en place.

 

Source: Zataz (10/2000)

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